Interview de Morgane Vidal – Consultante en Orientation Scolaire (COSI)
Parcours et décision de devenir COSI
Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir COSI ? Quel a été le déclic ? Avec quel organisme t’estu formé avant de rejoindre ma formation et pourquoi avoir décidé de te former à nouveau avec moi ?
Morgane a un parcours avec un bac ES obtenu en 2000, marqué par peu d’écoute au collège et au lycée concernant ses envies et ses choix. Malgré le manque de confiance de ses professeurs, elle s’est inscrite à la Fac et a réussi un double DUT AES et LEA à l’IAE de Lyon, suivi d’un échange Erasmus à Santiago de Compostella et d’un master en ressources humaines.
Le déclic remonte à 20 ans en arrière, pendant son master, lorsqu’elle a fait un stage dans un cabinet d’accompagnement au changement. Elle a compris qu’elle voulait être consultante en accompagnement, mais devait d’abord acquérir des compétences sur le terrain. Elle est donc entrée dans le salariat et a travaillé en CCI avec les jeunes en alternance, en cabinet de recrutement, dans l’assurance, et pendant 8 ans en CFA en tant que coordinatrice pédagogique.
Le vrai déclic est survenu en décembre 2023, un matin où elle s’est dit qu’elle ne pouvait plus continuer ainsi et qu’elle devait se lancer à son compte. Elle constatait que beaucoup de jeunes subissaient leur orientation sans vraiment la choisir, et elle avait toutes les cartes en main pour les aider.
Elle s’est formée en mai-juin 2024 avec deux formatrices de Valence, Catherine Boiton et Virginie Aurard, qui lui ont permis de mettre en place une méthode structurée. Aujourd’hui, avec un an de recul, elle souhaitait voir autre chose et ne pas rester seule dans cette activité. Elle a découvert les COSI par les communications de Meriem sur Facebook et a trouvé cette aventure très intéressante, notamment pour ouvrir son réseau à l’international et faire évoluer sa méthode.
Statut juridique et lancement de l’activité
Quel est le statut juridique que tu as choisi au démarrage ?
Il lui a paru évident de choisir le statut de micro-entreprise, confirmé par un ami expert-comptable qui lui a conseillé de refaire un point un an et demi à deux ans après en fonction du chiffre d’affaires. Ce statut permet de se lancer très rapidement.
À quelle époque as-tu créé ton entreprise ?
Elle a créé son entreprise en juillet 2024, juste après sa formation. Elle a laissé passer l’été car elle avait accouché quelque temps avant. Elle a réellement commencé à lancer les accompagnements le 1er octobre 2024, en étant à mi temps salarié à 40%, consacrant deux jours au salariat et deux à trois jours au métier de COSI.
Elle a demandé une rupture conventionnelle et depuis le 15 juin 2025, elle est à 100% sur son entreprise. Elle s’est laissé l’été 2025 libre et depuis septembre 2025, elle est vraiment à 100% avec cette année de recul derrière elle.
Définition de l’offre
Comment as-tu défini ton offre au départ et est-ce qu’elle a évolué depuis ? Quels sont les services que tu proposes aujourd’hui ?
Sur conseil de ses formatrices, elle a tout de suite proposé deux forfaits différents :
1. Forfait collégiens/secondes : 4 séances consacrées aux 4èmes, 3èmes et secondes pour les aider à choisir leur filière. On ne va pas forcément dans le détail des études post bac, on donne des filières, des idées et plusieurs alternatives.
2. Forfait premières/terminales étudiants en réorientation : 5 séances où l’on travaille vraiment les études post-bac avec un focus sur une liste de vœux pour Parcoursup. Au bout d’un an et sur les conseils de Meriem, elle a fait évoluer son offre, notamment tarifaire, au 1er décembre. Elle appelle ces services « Bilan d’orientation ».
À partir de cette année, elle propose également deux prestations pour Parcoursup :
• 2 heures de conseils et stratégie pour essayer d’obtenir son vœu numéro 1 (en étant réaliste)
• Un accompagnement pendant toute la durée de Parcoursup
Elle précise qu’elle ne se dit pas « coach » car ce terme est un peu utilisé pour tout et qu’elle n’a pas suivi de formation de coaching.
Accompagnement au lancement
As-tu été accompagnée au lancement de ton activité ?
Morgane explique qu’après 13 ans à Istres, elle n’avait jamais eu besoin de développer son réseau en tant que salariée. Elle s’est donc retrouvée du jour au lendemain avec l’impression d’avoir peu de réseau, alors qu’à Lyon où elle avait grandi, elle aurait pu avoir du réseau plus facilement.
Elle s’est rapprochée d’une collègue qui travaillait chez France Travail et qui lui a donné des pistes de structures pouvant l’accompagner. Elle s’est ensuite rendu compte qu’elle connaissait finalement beaucoup de gens et est allée chercher les bonnes infos dans son réseau.
Il existe des structures qui peuvent accompagner et aider au financement. Chaque ville propose des structures d’aide différentes, ce qui permet d’être accompagné, d’avoir un réseau et de ne pas rester seul.
Actions de visibilité
Quelles sont les actions de visibilité qui ont vraiment fait la différence au démarrage de ton activité ?
Avant de lancer son activité le 1er octobre 2024, elle avait créé son site internet. Pour elle, c’était vraiment obligatoire, mais elle ne voulait pas juste un site vitrine. Elle voulait vraiment que cela la représente et qu’il puisse l’aider dans sa communication. Elle a eu la chance d’avoir une amie graphiste qui l’a aidée.
Les réseaux sociaux ont aussi été importants. Elle n’était pas forcément très connectée mais il faut se lancer, se former si besoin. Elle est principalement sur Instagram et Facebook, bien que ce ne soit pas forcément Instagram qui lui ramène des clients.
Pourquoi ne voulais-tu pas qu’un site vitrine ?
Elle ne voulait pas faire un site juste sur Canva parce que ce ne serait pas bien référencé. Elle a fait son site l’année dernière, l’a laissé vivre et a pris quelqu’un qui fait la maintenance de référencement SEO. Cela lui permet d’avoir aujourd’hui sa fiche Google et son site en haut de Google quand on tape « orientation scolaire » (avec Istres). Sa fiche Google est la première par rapport aux personnes en local.
Sur quelle plateforme as-tu créé ton site ?
Sur WordPress, mais elle recommande vraiment de laisser faire des professionnels au début. Elle commence maintenant à mettre la main dedans, mais au début WordPress lui donnait une « allergie ».
Quel est le tarif pour créer un site internet ?
Elle a eu des tarifs un peu privilégiés, mais elle dirait 1 000 à 1 200 € quand on a quelqu’un qui a conscience des besoins d’un auto entrepreneur. Si on fait appel à une grosse agence de communication, on est sur le double. Son site lui a coûté 600 € et le référencement au même prix. Elle pense qu’on peut avoir un site très bien fait et très bien référencé entre 1 000 et 2 000 €.
Conseil important : Il faut surtout être propriétaire de son site. Ne jamais le faire faire par une agence qui va prendre en main tout de A à Z. Il faut créer son propre hébergement, son propre nom de domaine, mais vraiment être propriétaire de son site internet, sinon c’est la catastrophe.
Canaux d’acquisition clients
Au début et jusqu’à aujourd’hui, quels sont les canaux qui t’ont apporté tes premiers clients ?
Elle a fait le choix d’être très présente au niveau local, ce qu’elle est en train de modifier sur les conseils de Meriem. Au début, ça a vraiment été le bouche-à-oreille grâce à son entourage et Facebook. Son premier client était grâce à Facebook.
Le bouche-à-oreille avec son entourage et sa famille lui a permis de se faire connaître en Occitanie, dans le Gard et même en Belgique. Elle a assez vite développé son activité.
Aujourd’hui, quel est le canal qui marche le mieux ?
C’est vraiment son site web, le bouche-à-oreille et Facebook, environ un tiers chacun selon ses analyses clients depuis un an.
À quelle fréquence publies-tu sur Facebook ?
Elle publie sur Instagram qui dévie sur Facebook. En story, elle essaye d’en faire tous les jours de la semaine. Pour les publications, elle s’est fixé au moins deux fois par semaine, ce qui est beaucoup plus difficile.
Délègues-tu ta communication ?
Au début, elle voulait déléguer mais n’avait pas les moyens car être visible sur les réseaux demande du temps, c’est un métier à temps plein. En tant qu’auto-entrepreneur, il faut être partout. Elle s’est lancée seule en se disant que ce n’était pas grave si elle se trompait.
Récemment, elle a pris une stagiaire depuis quelques semaines qui est une pro de la communication digitale et c’est une aide magique pour elle.
Comment as-tu trouvé ta stagiaire et quel type de contrat ?
C’est la stagiaire qui l’a trouvée sur Facebook. Elle est en BTS SAM (Support à l’Action Managériale) dans un lycée de la commune à côté. Ses professeurs n’ont pas l’habitude d’avoir des entrepreneurs qui proposent des missions, plutôt des PME, grosses entreprises ou mairies. Ils se sont rendu compte que ses missions en tant qu’auto-entrepreneur matchaient complètement avec ce BTS polyvalent en communication, administration, comptabilité et événementiel.
Pour prendre un stagiaire, on ne peut pas proposer un stage chez soi. Morgane travaille chez elle, donc elle a pris un local pour les cinq semaines afin d’accueillir sa stagiaire.
Erreurs de communication
Penses-tu avoir fait des erreurs de communication au début ou récemment ?
Elle ne pense pas avoir fait d’erreurs à proprement parler, mais elle a voulu se lancer en proposant à la fois un accompagnement en bilan d’orientation et un accompagnement pour des adultes en reconversion (différent d’un bilan de compétences). Comme elle avait beaucoup accompagné des adultes aussi, elle s’est dit qu’elle avait les compétences pour le faire.
Ce n’est pas une erreur selon elle, mais quand on veut se lancer, il ne faut pas vouloir s’éparpiller sur plusieurs types d’accompagnements. Elle a donc fait le choix de se concentrer sur les jeunes, car c’est vraiment son cœur de métier. Elle s’est rendu compte qu’il fallait avoir un discours clair quand on veut se lancer et c’est beaucoup plus facile pour se faire connaître quand on est sur un créneau. Ensuite on pourra le faire évoluer.
Pourquoi se concentrer sur les jeunes ?
Il y a tellement de jeunes à aider. Avec les chiffres donnés par Meriem (1 COSI pour 1 600 jeunes), on a un vrai créneau. Il faut pouvoir se faire connaître car ce métier n’est pas connu en tant que privé. Il faut beaucoup de temps pour se faire connaître, ne serait-ce qu’en local. Si on s’éparpille, on est partout mais on est nulle part à la fois.
Partenariats
As-tu créé des partenariats avec les lycées, cabinets de thérapeutes, psychologues, mairies, associations ?
Elle a eu la chance d’avoir tout de suite des professionnels de santé paramédicaux (sophrologues notamment) autour de ces métiers du stress. Ces professionnels lui envoient des jeunes en stress, phobie scolaire ou avec TDAH après leurs séances. Elle s’est spécialisée sur les TDAH, les HPI, etc., et va sur des salons dédiés à ça.
Elle a créé un partenariat avec des structures qui lui permettent d’accueillir du public pour proposer des ateliers gratuits (car quand on lance son activité, il faut lancer beaucoup de choses gratuites pour se faire connaître). Cela lui permet de récupérer 50% de ses clients en accompagnement. Ce peuvent être des structures de formation professionnelle, des associations, des centres sociaux. Tous ne sont pas forcément ouverts, certains peuvent aussi rémunérer.
Pour les lycées privés, c’est prévu pour janvier. Pour les mairies ou collectivités, elle est déjà en contact avec des points Formation jeunes et des conseillers municipaux en lien avec la mairie. Sa ville est très ouverte aux jeunes.
Pour les lycées publics, c’est plus compliqué avec les CIO, voire impossible. Le seul moyen éventuel de rentrer dans les collèges serait par des structures qui pourraient lui permettre de faire des cafésrencontres avec des parents. C’est possible dans des villes à taille humaine. Pour tout ça, il faut vraiment bien se préparer pour montrer sa différence, d’où l’importance de ne pas s’éparpiller et de trouver son cœur de métier.
Aspects financiers
Combien de temps t’a-t-il fallu pour te verser ton premier vrai salaire ?
Elle n’a pas vraiment un an de recul puisqu’elle a commencé son activité en étant toujours salariée l’année dernière et est vraiment à 100% depuis juin septembre 2025. Elle est assez fière d’avoir pu dès septembre-octobre 2025 se verser et profiter d’une de ses premières « venteries » de son travail.
Il faut être conscient qu’aux tarifs proposés, il faut faire beaucoup de bilans pour pouvoir se donner un salaire. Tout dépend aussi du salaire que l’on veut se fixer et de ses priorités. Pour vraiment se verser un premier salaire, il faut compter peut-être 18 mois, peut-être deux ans pour certains, en étant à 100%. Elle dit 18 mois-2 ans parce qu’elle a un an de recul mais avec 9 mois à 40%.
Depuis septembre, combien d’élèves as-tu accompagnés ?
Cette année, elle est à 20 élèves. Au début, elle n’en avait que deux de temps en temps par mois, ce qui suffisait puisqu’elle était à deux jours par semaine. Son objectif était d’atteindre cinq par mois et depuis septembre, elle est à cinq par mois. Il faut être très, très organisé car cinq par mois représente beaucoup de travail d’un coup.
Tarification
Comment fixes-tu tes prix ? Proposes-tu des options plus accessibles ou des paiements en plusieurs fois ?
Comme elle l’a dit, elle a proposé deux types de forfait. Elle propose le paiement en plusieurs fois si les clients en ont besoin. Elle s’est adaptée dans un premier temps à un public local en demande. Elle a pensé à proposer éventuellement un bilan express pour les terminales retardataires pour Parcoursup, mais ne l’a pas encore mis en place. C’est un projet pour plus tard.
Rythme de travail
Quel est ton rythme de travail aujourd’hui ? As-tu des jours plus intenses que d’autres ?
Elle est ravie d’être auto-entrepreneur car cela permet vraiment de gérer son temps. C’est le bonheur pour elle. En tant qu’auto-entrepreneur, on doit être sur son propre métier, la communication, le commercial, la comptabilité, l’administratif, le réseautage. Il faut privilégier son temps et être très organisé.
Étant plus vive le matin et le soir tard, elle privilégie le matin pour la rédaction de ses bilans ou tard le soir. Les fins de journées, mercredis après-midi et samedis sont dédiés aux rendez-vous avec les jeunes. Elle se garde pour elle les mercredis matins et ses dimanches pour sa famille.
Elle travaille sa communication et tous ses rendez-vous pro plutôt les après-midi (puisque les jeunes ne sont pas disponibles, ils sont au lycée). Ce qui est créativité, c’est plutôt l’après-midi. Le réseautage se fait beaucoup le soir en after-work ou en réunion. L’administratif (qu’elle aime moins) le vendredi. En tant qu’auto-entrepreneur, l’administratif ne prend pas non plus beaucoup de temps, donc ça va le vendredi en fin de semaine.
Outils et logiciels
Utilises-tu des outils ou logiciels particulièrement performants ?
Quand on se lance, il faut prévoir un budget initial, on ne peut pas se lancer sans rien. Entre le site internet et les logiciels, il y a un budget à prévoir. Elle pense qu’avoir 3 000 à 5 000 € pour se lancer, c’est le minimum, selon comment on voit les choses.
Elle utilise :
• Canva
• Capmaleine (probablement CapMadelineCom)
• Google Drive (Google Sheet)
• Pour la compta : un logiciel gratuit qui s’appelle Abbei (elle en a essayé d’autres)
L’IA va de plus en plus nous aider. Il faut tester, trouver ce qui nous convient et notre manière de travailler. Il faut être très organisé pour ne pas vouloir être partout et tout utiliser en même temps, car à un moment donné, on a une charge mentale trop élevée.
Pour les prises de rendez-vous, utilises-tu Calendly ?
Non, pour l’instant les gens la contactent uniquement par téléphone, lui envoient un SMS. Elle rappelle ou répond par SMS et propose un rendez-vous en visio pour faire une première séance découverte. Ils ont aussi la possibilité de lui envoyer un message sur son site internet. Calendly viendra peut-être plus tard quand il y aura plus de demandes entrantes.
Utilises-tu ChatGPT ou l’IA ?
Elle a voulu le tester mais il faut l’utiliser à bon escient. Elle a été formée à l’utilisation de cet outil, mais surtout à la prise de recul sur cette utilisation. Elle peut l’utiliser mais c’est un gros travail de relecture. Elle se fait surtout confiance à elle-même d’abord.
Syndrome de l’imposteur
As-tu ressenti le syndrome de l’imposteur et si oui, comment l’as-tu dépassé ?
Elle pense qu’on peut tous avoir ce sentiment à un moment, mais pour sa part, le fait d’avoir pris le temps de se poser toutes les questions, de s’être fait accompagner, d’avoir réussi à dépasser les temps de se poser toutes les questions, de s’être fait accompagner, d’avoir réussi à dépasser les obstacles de la création de son entreprise et d’avoir pris tous les conseils lui a permis très vite de dépasser ça.
Le fait de pouvoir réseauter en local lui a permis de se faire connaître assez facilement. Le fait d’être sûre d’elle (grâce au déclic qui était devenu une
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